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Au cœur du 4ᵉ arrondissement de Paris, à quelques pas de la place de la Bastille, un bâtiment industriel discret continue, depuis plus d’un siècle, à jouer un rôle stratégique pour la capitale : alimenter le métro parisien en électricité. Connue sous le nom de la sous-station électrique de la Cerisaie, cette infrastructure historique a récemment fait l’objet d’un projet de réhabilitation ambitieux piloté par RATP Real Estate, illustrant sa capacité à transformer un patrimoine industriel contraint tout en garantissant la continuité d’un service public essentiel.

Ce projet emblématique incarne une conviction forte : valoriser l’existant, sans construire du neuf, en révélant le potentiel de bâtiments techniques souvent méconnus, mais porteurs d’une forte valeur patrimoniale, architecturale et urbaine.

Les sous-stations électriques, piliers invisibles du métro parisien

Ancienne salle des machines qui alimentait le métro Dès l’inauguration du métro parisien en 1900, la traction électrique s’impose comme une innovation majeure, nécessitant des infrastructures dédiées pour produire, transformer et distribuer l’énergie. Pour répondre à ces besoins, la Ville de Paris se dote progressivement d’un réseau de postes de redressement, chargés de convertir le courant alternatif en courant continu (700 volts) indispensable au fonctionnement des rames.

Ces sous-stations électriques ne sont pas de simples équipements techniques. Leur conception architecturale est confiée à Paul-Émile Friésé, architecte visionnaire de la Compagnie du Métropolitain. En 1910, il imagine des bâtiments industriels alliant fonctionnalité, robustesse et qualité architecturale, combinant brique et métal dans un style d’inspiration romane, ponctué d’arcs cintrés et de tourelles d’angle. Pensées pour s’intégrer harmonieusement dans le tissu haussmannien, ces sous-stations constituent aujourd’hui un patrimoine industriel remarquable, souvent inscrit ou classé au titre des Monuments historiques.

La Cerisaie : un bâtiment stratégique au cœur de la ville

Implantée rue de la Cerisaie, la sous-station Bastille alimente encore aujourd’hui plusieurs lignes majeures du métro parisien. Construit au début du XXᵉ siècle et remanié au fil des décennies, le bâtiment présente une particularité forte : associer une activité industrielle en sous-sol à des plateaux de bureaux longtemps sous-utilisés dans les étages, tout en étant situé dans un quartier dense et résidentiel.

Face à ce constat, RATP Real Estate a engagé une réflexion globale visant à réhabiliter les étages supérieurs, sans jamais remettre en cause la fonction première du site : assurer, 24h/24, la continuité de l’alimentation électrique du métro.

Cette approche s’inscrit pleinement dans une logique de sobriété foncière et de valorisation du patrimoine existant, en évitant toute construction neuve et en redonnant un usage à des surfaces inexploitées, au cœur de Paris.

Un projet de réhabilitation complexe, sous fortes contraintes

Pilotée par RATP Real Estate en tant que maître d’ouvrage délégué, la transformation de la Cerisaie en établissement recevant du public (ERP) constitue un défi technique, réglementaire et patrimonial majeur.

Inscrit aux Monuments historiques, le bâtiment impose un dialogue constant avec l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), notamment pour la restauration de la façade de 1910 et la restitution à l’identique des menuiseries.
Les travaux ont également dû intégrer de fortes contraintes liées à la sécurité incendie, à l’accessibilité et à l’acoustique, dans un environnement où cohabitent équipements industriels sensibles et accueil du public.

L’un des enjeux centraux du projet réside dans la gestion de la coactivité : les postes de redressement, situés en sous-sol, sont restés pleinement opérationnels pendant toute la durée du chantier. Cela a nécessité une organisation rigoureuse des interventions, une maîtrise fine des risques (vibrations, poussières, accès, ventilation) et la mise en œuvre de dispositifs spécifiques, tels que des séparations coupe-feu deux heures ou une isolation acoustique renforcée.

Avant / après : révéler le potentiel d’un patrimoine industriel

Avant les travaux, les étages supérieurs de la sous-station étaient peu adaptés aux usages contemporains et contraints par une distribution verticale limitée.

Transformation en cours d'un site industriel en lieu évènementiel La réhabilitation a permis de reconfigurer entièrement les circulations, avec la création d’escaliers supplémentaires, d’ascenseurs et d’une seconde entrée, tout en respectant la structure existante.

Les nouveaux aménagements proposent aujourd’hui un lieu évènementiel Urban Station, baigné de lumière, intégrant des salles de réunion, des espaces de réception et des terrasses, offrant une nouvelle lecture du bâtiment.
Ce changement d’usage s’opère sans rupture, dans une logique de réversibilité, permettant un retour à une occupation purement industrielle si nécessaire.

 

Un démonstrateur du savoir-faire de RATP Real Estate

Au-delà de la transformation physique du lieu, la Cerisaie illustre l’expertise de RATP Real Estate sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment : conduite d’opération, pilotage de projets complexes, coordination des acteurs institutionnels, maîtrise des contraintes patrimoniales et techniques, et accompagnement des nouveaux usages.

« Réhabiliter la Cerisaie, c’était relever un double défi : préserver un patrimoine industriel emblématique tout en garantissant un risque zéro pour l’alimentation électrique du métro. Ce projet démontre notre capacité à intervenir sur des sites sensibles, en milieu urbain dense, et à révéler le potentiel de l’existant sans jamais compromettre la continuité du service public », souligne Stéphane Soreau, Directeur Général de RATP Real Estate.

Chiffres-clés du projet

  • Surface totale : 1 300m²
  • Capacité d’accueil : jusqu’à 200 personnes
  • Montant de l’opération : 4 M€
  • Années de réalisation : 2024 – 2025

À travers la réhabilitation de la sous-station de la Cerisaie, RATP Real Estate démontre qu’il est possible de concilier patrimoine, performance technique et nouveaux usages, en inscrivant l’action immobilière dans une démarche durable, respectueuse de l’histoire et résolument tournée vers la ville de demain.

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